Quand partent les étourneaux ? Période de migration en France

Chaque automne, des millions d’étourneaux sansonnets quittent la France pour rejoindre des régions plus clémentes. Le départ s’échelonne de fin septembre à début décembre selon les régions, avec un pic migratoire entre mi-octobre et mi-novembre. Mais tous ne partent pas : certaines populations restent sédentaires, notamment dans le sud du pays et en milieu urbain. Voici le calendrier complet, les destinations et les meilleurs endroits pour observer leurs murmurations spectaculaires.

Le calendrier de départ par région

Le timing varie sensiblement selon la latitude et le climat local. Les étourneaux du nord partent les premiers, ceux du sud parfois jamais.

Région Période de départ Intensité Particularité
Nord et Est (Hauts-de-France, Grand Est, Normandie) Fin septembre à mi-octobre Forte, quasi-totale Hivers rigoureux, départ massif
Île-de-France et Centre Mi-octobre à mi-novembre Partielle Beaucoup restent en zone urbaine
Façade atlantique (Bretagne, Nouvelle-Aquitaine) Octobre à novembre Modérée Climat océanique plus doux, départs tardifs
Sud (Occitanie, PACA, Corse) Novembre à décembre (si départ) Faible Majorité sédentaire grâce aux températures hivernales douces
Montagne (Alpes, Pyrénées, Massif central) Fin septembre à octobre Forte L’altitude accélère le départ

Le pic de migration se situe autour de la mi-octobre à mi-novembre pour l’ensemble du territoire. C’est à cette période que les rassemblements pré-migratoires sont les plus impressionnants, avec des nuées pouvant regrouper des dizaines de milliers d’individus.

Pourquoi les étourneaux migrent-ils ?

Trois facteurs principaux déclenchent le départ :

  • La photopériode : c’est le signal le plus fiable. Le raccourcissement des jours active une horloge biologique interne qui prépare l’organisme à la migration. Ce mécanisme est plus précis que la température ou la disponibilité alimentaire.
  • La baisse des températures : quand le thermomètre descend régulièrement sous 5°C, les étourneaux qui n’ont pas encore quitté la zone accélèrent leur départ. Le froid réduit la disponibilité des invertébrés dont ils se nourrissent.
  • Les ressources alimentaires : l’étourneau sansonnet est principalement insectivore au printemps et en été. En automne, il se tourne vers les fruits et les baies, mais quand ces ressources s’épuisent, la migration devient une question de survie.
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Ces trois facteurs agissent ensemble. Un automne doux et prolongé retardera les départs, tandis qu’un coup de froid brutal peut déclencher un exode massif en quelques jours.

Où vont les étourneaux en hiver ?

Les étourneaux sansonnets européens suivent deux grandes routes migratoires pour rejoindre leurs quartiers d’hiver :

La route occidentale, empruntée par les populations françaises et d’Europe de l’Ouest, longe la façade atlantique jusqu’à la péninsule ibérique. L’Andalousie et l’Estrémadure accueillent des colonies considérables, avec des dortoirs de plusieurs centaines de milliers d’oiseaux. Certains poussent jusqu’au Maroc et au nord de l’Algérie.

La route centrale, suivie par les populations scandinaves et d’Europe de l’Est, traverse l’Europe continentale vers le sud. L’Italie du Sud, la Sardaigne et la Sicile sont des destinations privilégiées. Les rassemblements hivernaux de Rome sont célèbres dans le monde entier, avec des nuées de plus d’un million d’individus au-dessus de la ville.

Les distances parcourues varient de 600 à 2 000 km selon l’origine des populations. L’étourneau vole à une vitesse de croisière de 60 à 80 km/h, couvrant 200 à 400 km par jour grâce à des étapes régulières pour se nourrir et se reposer.

Les murmurations : un spectacle avant le départ

Avant de migrer, les étourneaux offrent l’un des spectacles naturels les plus saisissants d’Europe. Les murmurations sont ces vols groupés où des milliers d’oiseaux dessinent des formes fluides et mouvantes dans le ciel, comme une chorégraphie parfaitement synchronisée.

Le fonctionnement est fascinant : chaque oiseau ajuste sa position par rapport à ses 6 ou 7 voisins les plus proches, en moins de 15 millisecondes. Il n’y a pas de chef d’orchestre. Le mouvement émerge spontanément de cette règle simple, un phénomène que les scientifiques appellent « intelligence de l’essaim ».

Les murmurations se produisent surtout au crépuscule, juste avant que les étourneaux ne rejoignent leur dortoir collectif. Elles ont une fonction défensive : les mouvements imprévisibles du groupe désorientent les rapaces comme les faucons pèlerins ou les éperviers.

Pour observer ce phénomène en France, les meilleurs sites sont les grandes zones humides et les roselières. Le marais de Baupte (Manche) accueille certains hivers jusqu’à 800 000 étourneaux. Les abords du lac du Der (Champagne), les marais de la Dombes (Ain) et la Camargue offrent aussi des spectacles remarquables entre octobre et décembre.

Le retour au printemps

La migration de retour commence dès février pour les populations les plus méridionales et se poursuit jusqu’en avril pour celles qui hivernent au Maroc ou en Afrique du Nord. C’est un voyage plus rapide qu’à l’aller : les oiseaux sont pressés de rejoindre leurs territoires de nidification pour s’assurer les meilleurs emplacements.

L’étourneau sansonnet niche dans des cavités (trous d’arbres, fissures de bâtiments, nichoirs). La femelle pond 4 à 6 oeufs, couvés pendant environ 14 jours. Les deux parents participent au nourrissage des jeunes, principalement avec des insectes et des larves. En France, la reproduction a lieu entre avril et juin, avec parfois une seconde ponte.

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Le mâle se reconnaît facilement au printemps : son plumage devient plus sombre et irisé (reflets verts et violets), et son bec vire au jaune vif. En hiver, le plumage est plus terne, moucheté de petits points blancs.

L’impact du changement climatique

Le réchauffement climatique modifie sensiblement le comportement migratoire des étourneaux. Selon les données de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, les départs sont retardés de 2 à 6 semaines par rapport aux années 1980. Des populations autrefois migratrices deviennent partiellement sédentaires, notamment en zone urbaine où les îlots de chaleur et l’abondance de nourriture (déchets, mangeoires) permettent de passer l’hiver.

Ce phénomène s’est encore accentué ces dernières années. Lors du printemps 2025 exceptionnellement chaud, les retours ont été observés jusqu’à trois semaines plus tôt que la normale dans le nord de la France.

La sédentarisation pose de nouveaux problèmes en ville : nuisances sonores dans les dortoirs urbains, fientes sur les bâtiments et les voitures, et risques sanitaires liés aux concentrations d’oiseaux. Certaines municipalités utilisent désormais des effaroucheurs sonores ou des rapaces dressés pour disperser les rassemblements les plus importants.

Questions fréquentes

Quand les étourneaux quittent-ils la France ?

Le départ s’échelonne de fin septembre à début décembre selon les régions. Le pic migratoire se situe entre mi-octobre et mi-novembre. Les étourneaux du nord et de l’est partent les premiers, ceux du sud restent souvent sédentaires. Un automne doux peut retarder les départs de plusieurs semaines.

Où peut-on observer les murmurations en France ?

Les meilleurs sites sont les grandes zones humides : le marais de Baupte dans la Manche (jusqu’à 800 000 oiseaux certains hivers), le lac du Der en Champagne, les marais de la Dombes dans l’Ain et la Camargue. Rendez-vous au crépuscule entre octobre et décembre pour les meilleurs spectacles.

Est-ce que tous les étourneaux migrent ?

Non. En France, la migration est partielle. Les populations du sud et de nombreux étourneaux urbains restent sédentaires toute l’année, grâce à des hivers plus doux et à l’abondance de nourriture en ville. Le changement climatique accentue cette tendance : de plus en plus d’individus renoncent au grand voyage.

Quelle est la différence entre un étourneau sédentaire et un migrateur ?

Génétiquement, ce sont les mêmes oiseaux. La décision de migrer dépend des conditions locales (température, nourriture) et de l’âge : les jeunes de l’année migrent plus facilement que les adultes installés. Un étourneau peut être migrateur une année et sédentaire la suivante si les conditions hivernales le permettent.

Mise à jour de l’article : 18 février 2026

Auteur de l'article

  • sophie

    Sophie est passionnée par les questions environnementales et les solutions pour construire un avenir plus durable. Avec VacheVerte.fr, elle partager des idées, des réflexions et des conseils pratiques pour adopter un mode de vie plus respectueux de la planète.